mardi 8 septembre 2015

ON FERME...PUIS ON DÉMÉNAGE...



L'Exposition ferme ses portes à Balma Venitia après trois mois de succès et près de 6000 visiteurs...c'est certainement l'expo de cave et domaine viticole qui a été la plus vue en Vallée du Rhône. Les meilleures choses ayant une fin elle ferme donc à Beaumes de Venise.......








Mais l'exposition continue son périple en Vaucluse et va rebondir là où les papes ont fait le plus pour la viticulture sur le terroir de Chateauneuf du pape à Courthézon au Cellier des princes, seule cave coopérative de l'Appellation qui ouvre grandes ses portes à la connaissance du vin et des papes.....
du 1°Octobre au 31 décembre 2015.
Voilà donc un nouveau décor, de nouvelles infos à venir découvrir bientôt.....


jeudi 3 septembre 2015

LES VINS ÉDULCORÉS AU SEL DE PLOMB

Dans nombre de vignobles septentrionaux, depuis fort longtemps, on ajoutait du plomb afin d’adoucir le goût acide des petits vins locaux. Cette adjonction pouvait provoquer une crise aiguë de saturnisme. Cet empoisonnement par le plomb, édulcorant qui rendait marchand nombre de vins verts et acides, laissait de lourdes séquelles. Plus tard le plomb dans les carafes et verres en cristal produisit les mêmes effets. 


Cette pratique était courante dès l’Antiquité, 
certains auteurs pensent même qu’elle fut l’une des causes de la décadence de l’Empire romain (canalisations en plomb, étain contenant jusqu’à 30 % de plomb, etc.).
Quand le saturnisme devenait chronique il provoquait des crises survenant de façon inconstante. La plus handicapante était la goutte saturnique qui ne se traitait alors que par des bains. Mais d’autres symptômes caractérisaient cette urémie : violents maux de tête, manque d’appétit, œdème méningé, syncopes fréquentes, secousses incontrôlables, hoquet continuel, surdité, perte de sensation, nausées, troubles de l’humeur, irritabilité, insomnie, lassitude, faiblesse dans les membres, constipation chronique, engourdissement, difficulté de concentration, perte de mémoire, troubles de la vision, confusion, douleurs subinguinales et difficulté d’uriner. Pour parachever le tout chez certains sujets cela pouvait aller jusqu’à l’infertilité et l’impuissance....
Gravure : chaulage du vin au sel de plomb pour édulcorer une vendange trop acide.

La goutte saturnique ou « colica pictonum »


Cette goutte saturnique se déclenchait après des années de consommation régulière de vins édulcorés au plomb. Mais ce fut François Citois, originaire de Poitiers et médecin de Richelieu, qui lui donna son nom, en 1616, dans son traité De novo et populariapud Pictones doloro colico bilioso diatriba. Aujourd’hui, cet empoisonnement au plomb est connu sous le nom de saturnisme et la colica pictonum est caractérisée comme colique de plomb ou colique saturnique......
Jusqu’au XVII° siècle, beaucoup de cas de comportement mental anormal ont probablement été provoqués par l’intoxication au plomb. À côté des grandes pandémies (peste, feude Saint-Antoine), de l’effroyable lèpre, la colica pictonum fit,
elle aussi, pas mal de ravages redoutables. En furent atteint à la cour pontificale d’Avignon, deux papes : Clément VI et Grégoire XI, un recteur du Comtat Venaissin Guillaume Roger de Beaufort neveu et frère des pontifes précédents. Ce fut aussi le cas de Jean II, comte d’Auvergne, qui devenu complètement fou fut dépouillé de son comté par le duc de Berry. Enfin, Charles VI, dit le Fol, roi de France, doit sans doute sa démence aux mêmes raisons. C’est la thèse développée par Sandrine Willems, dans son ouvrage Le roman dans les ronces ou la légende de Charles VI, roi fou, et de sa servante.

 La suite est à lire dans  le  livre de J.P.Saltarellei «  les vins des papes d’Avignon » - AEFO éditeur

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mardi 18 août 2015

CEPAGES ET GOUT DU VIN AU TEMPS DES PONTIFES

CEPAGES


C’est seulement à partir du XI° siècle que le vin gagne en qualité.

Les vignobles célèbres aujourd’hui existent déjà. Des cépages cultivés à cette époque certains y sont encore présents - sous d’autres noms parfois. Les mentions de cépages dans les textes restent rares. 
En blanc on cultive les cépages fromentel, malvoisie, savinien, rochelle, folle blanche ou meslier et en rouge le morillon ( pinot en Bourgogne et auvernat dans l’Orléannais) et le gouais. Un sort à part est à faire à « l’infâme gamay » qui fut éliminé de ses vignobles, en 1395, par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.
Les vins de la vallée du Rhône ont aussi d’autres cépages . Les vins de Tournon – c’est-à-dire de l’Hermitage et de l’actuel vignoble de Saint-joseph – vins pontificaux, étaient à base de serine noire (syrah) et de viognier.
Le vin muscat du Languedoc (Lunel, Mauguio) était connu et apprécié. Le cépage muscat existait déjà à Beaumes-de-Venise, ses vins étaient peu connus car réservés aux caves de la Cour pontificale. Il fut planté par les papes à Malaucène, Châteauneuf et Beaumes notamment. Citons aussi le piquepoul.
Si le Grenache fait son apparition, venant d’Espagne les vins de Saint-Gilles, dans le Gard, si appréciés des cardinaux avignonnais, étaient élaborés avec le seul mourvèdre ( appelé aussi plant de Saint-Gilles). Citons aussi l’aubun, variété originaire de Vaucluse, qui donne un vin rouge peu coloré, de moyenne qualité et assez alcoolique. 

GOÛT


Les vins sont certainement fragiles et acides, car les vinifications ne sont pas maîtrisées, c’est pourquoi ils sont souvent aromatisés ou adoucis au plomb. Au cours de ce XIVe siècle, on ajouta du plomb afin d'adoucir le goût acide des petits vins locaux. Cette adjonction pouvait provoquer une crise aiguë de saturnisme. Cet empoisonnement par le plomb, édulcorant qui rendait marchand nombre de vins verts et acides, laissait de lourdes séquelles (deux papes au moins en moururent — Clément VI et Grégoire XI).

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lundi 27 juillet 2015

LA CULTURE DE LA VIGNE AU TEMPS DES PONTIFES D'AVIGNON....


Les Latins, tout autant que les Grecs, participèrent au développement de la civilisation du vin das la basse vallée du Rhône. La dichotomie entre vignes basses et vignes hautes a conduit Mario Fregoni, en 1991, à classer le vignoble antique en deux modèles. Le gréco-oriental, correspondant à des zones sèches où la vigne buissonnante est à l'origine des vignes traditionnelles taillées en gobelets. Le modèle étrusque, spécifique de zones forestières. La vigne s'y développe en s'accrochant aux arbres (vignes arbustives ou hautains) ou, à défaut, à des supports en bois, sous forme d'espaliers, de pergolas ou de treilles.

Dans les statuts des villages du Comtat Venaissin se trouvent, durant toute la période médiévale des notifications spécifiques concernant les vignes. Ces documents précisent que toute terre était « réputé vigne » quand elle était plantée au minimum de quinze ceps. Puis ils décrivent les différentes façons culturales, vignes basses et vignes hautes. Ces dernières sont soit en treille ou pergola, soit accolées aux arbres ou aux buissons.


Les vignes en hautain 

La vigne est mariée à un arbre qui lui sert de tuteur. Ses sarments s'accrochent aux branches et montent en hauteur. Cette technique de cultures associées mariant arbre et vigne, incite et contraint cette dernière à prendre de la hauteur. Devenu tuteur, l'arbre taillé permet d'autres productions céréalières, légumières ou fourragères sous son feuillage éclairci. Car initialement, la conduite de la vigne en hautain avait pour but d'augmenter la production agricole, en multipliant les cultures sur un même lieu.




Les vignes basses

C’est la vigne actuelle. Taillée en gobelet, elle résiste parfaitement à la force du mistral. Dans le bas moyen-âge, cette vigne buissonnante avait son terroir privilégié sur les hautes  terrasses alluvionnaires du Rhône (Châteauneuf-du-Pape) ou l’interland entre l’Aygues et l’Ouvèze (Plan de Dieu et hautes garrigues de Sarrians). Les sols recouverts de galets roulés descendus des Alpes étaient initialement recouverts de garrigues, leur défrichage ne permit que la culture de la vigne et la présence du mistral imposa des vignes basses.



Les vignes plantées dans des murs de pierres sèches. 

Ce type de conduite de la vigne est typique du Comtat Venaissin et des vestiges en restent encore à Beaumes-de-Venise. Contrairement à une idée reçue les papes ne firent pas couvrir le Comtat Venaissin de vignobles. Seules les terres les moins fertiles furent consacrées exclusivement à la culture de la vigne. La priorité était alors la culture des céréales (froment, seigle, petit épeautre) pour pallier à toute crise frumentaire dans un état enclavé entre France (rive droite du Rhône) et Dauphiné et Provence (rive gauche).

Sur les terrasses, nous l’avons vu, la vigne fut souvent mariée aux fruitiers ou à l’olivier. Quand celles-ci devaient être emblavées, il fallut trouver une autre méthode culturale. La verticalité des murs en pierre sèche fut retenue. Mais faire fructifier la vigne entre les interstices des murets n’était pas si simple. La vigne se multipliait alors uniquement par marcottage. Pour faire ressortir un plant raciné entre deux pierres, il fallait soit le prévoir lors de la construction initiale,

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mardi 9 juin 2015

LES USAGES DU VIN AU TEMPS DES PONTIFES D'AVIGNON

On peut attribuer 4 usages principaux du vin au moyen-âge

1 - LE VIN ALIMENT ET EN CUISINE : L’importante consommation de vin au Moyen Age, doit se comprendre dans le cadre de son utilisation comme aliment et en cuisine (vin pour marinade, vinaigre pour conservation des fruits et légumes, verjus pour sauces). Le vin est le liquide censé convenir le mieux pour la cuisson de la viande. Le vin sert non seulement à cuire des aliments mais aussi à leur donner du goût.Il purifie aussi l’eau.

2 - LE VIN MÉDECIN : Le vin était aussi la base de la médecine.Il servait à la fois de fixateur, de purificateur et de remède par lui-même. Plusieurs sortes de vins étaient utilisés : vins apéritifs, laxatifs, procréatifs, cosmétiques, ophtalmologiques, aux applications spécialisées (traitement des plaies, de la mémoire, des personnes âgées, etc).
Photo : le De Vinis d'Arnaud de Villeneuve, un livre de médecine à base de vins...

3 - USAGE LITURGIQUE : L’usage du vin était bien sûr celui de la célébration de la messe car il représente le sang du Christ. La pratique de tremper l'hostie dans le vin (ou de le boire) pour les fidèles avait été abandonnée depuis 1095 . Donc seuls les
prêtres consommaient du vin pour l'office. Les vins étaient de piètre qualité donc dégustés avec répulsion et les papes ont tout fait pour les rendre plus "digestes".

4 - USAGE POUR LE PLAISIR : Le vin était un aliment et l’homme a vite dépassé le rôle utile des aliments pour lui adjoindre celui de plaisir. Le vin n’échappe bien entendu pas à cette tendance et il est certain que le vigneron a toujours essayé de faire des vins de plus en plus buvables et appréciables. Ce fut le cas aussi du temps des papes d’Avignon, qui n’hésitaient pas à ne plus consommer les vins qui ne leur plaisaient plus.

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Photo : vitrine 1 de l'exposition